L’ORIENTATION DE LA JEUNESSE: CLÉ DE VOÛTE DANS LE SCHÉMA MOUHAMEDIEN POUR DÉVELOPPEMENT DURABLE. L’EXEMPLE DE MAME ALADJI MOUHAMED NDIEGUENE

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Mame Alahadji Mouhamed Ndieguene

Mame Aladji       Dans l’actualité du concert des grandes nations, la question du devenir et de l’avenir occupe les devants des plus hautes tribunes. Quels est le potentiel humain capable de booster la régénérescence d’un monde en ballottage entre fléau et croissance ?  A l’unanimité, le continent africain est devenu le havre de tous les espoirs économiques, de par son potentiel en ressources pas simplement économiques mais surtout humaines. En effet, le capital de mise pour l’économie en devenir s’avère enfuit en la jeunesse, le bras fort et vigoureux, symbole d’espoir mais aussi de continuité.   

       Cette vision, faisant aujourd’hui le consensus chez les érudits modernes est une conclusion après tant de tergiversations et d’essais sur d’autres systèmes calqués et inspirés de philosophes, économistes, juristes… Cette rétraction conditionnée par la force des choses annihile les projections souvent opportunistes et inopportunes sur le devenir de l’humanité. Il se pose de plus en plus l’actualité des textes sacrés et leurs enseignements là où les textes profanes ont montré leurs limites. Dans le coran ainsi que dans les enseignements du prophète de l’Islam, la thématique de la jeunesse occupe une part importante ainsi que son rôle dans les différents développements humains. De même, des soufis de notre époque, imbus des valeurs de leur référence le prophète Mohamed, ont promulgué des voies à arpenter avec bien sûr à la base la jeunesse pour accéder à un monde meilleur, limpide et avec la profession de foi.

       Le grand soufi Elhadji Mouhamed Ndieguene durant toute son existence a œuvré pour la formation de la jeunesse, dans plusieurs domaines liés à la vie des fidèles. Nous verrons comment il a contribué à inculquer une éducation spirituelle et moderne à sa jeunesse ; rendre aux parents une légitimité multidimensionnelle malgré les affres et tentations des mares à boue ; la centralité de la jeunesse dans la construction d’un idéal de démocratie islamique et de développement durable.

 

Une légitimité parentale… Cheikh Elhadji Mouhamed NDIEGUENE de Thies

       Dans son discours le plus familier pour la jeunesse, Mame aladji s’est toujours prononcé en ces termes : « Fonkal sa ndaye tééral sa baaye tay def lou baaxx si ko xamoul » …aimer et adorer sa mère, valoriser et respecter son père et s’évertuer à faire le bien pour l’inconnu Ce basic discursif revêt le caractère intrinsèque de toute bonne communauté qu’est la hiérarchisation familiale, l’élément clé dans l’architecture pyramidale. De son vécu, il a en tout temps occupé un rôle outre parent, c’est-à-dire n’a jamais voulu interférer dans un cercle familial pour un intérêt crypto personnel. Son leitmotiv est de toujours s’enquérir des besoins vitaux parentaux et au maximum leur alléger ce fardeau. Il a insisté en tout temps pour une reconnaissance et la valorisation de ces êtres qui passent avant quiconque. Il parlait des parents comme « une prière qui ne faille jamais, une balle qui rate jamais sa cible, un investissement sans peur de tomber en ruine… ».

Face à un monde où l’on parle de droit de l’enfant, ce saupoudrage qui laisse libre cours à toutes sortes d’errements, où l’enfant à cause de certaines filmographies biaisées se dresse contre son père, s’oppose à sa mère pour clamer une liberté d’expression ; le cheikh a mené le combat de la restauration de l’autorité mais surtout de la valeur des parents. Par ricochet Mame Aladji nous a gratifié d’une seconde chance, celle de la droiture, de la reconnaissance de nos vaillants parents qui, aujourd’hui plus que fiers nous couvrent de leurs prières. Le respect de l’autre, de l’inconnu ; le beau geste du cœur avec le sourire et l’engagement, voilà autant de leçons promulguées par le saint homme à travers une pédagogie participative, active. Sans nul doute, ayant fait de nous une jeunesse limpide et plein d’avenir, nous sommes propres à intégrer son système de développement communautaire.

 

Une jeunesse face à l’enjeu communautaire 

Elhadji Mouhamed Ndieguene l'éducateur

       Aussi loin que remonte son khalifat, Mame Aladji a toujours associé sa jeunesse aux grandes décisions car la sagesse n’attend point le nombre d’années. Il a su faire confiance à la vertu juvénile et a établi une mission claire pour les jeunes qui est une implication dans la vie communautaire. Ainsi par le système des dahiras et mouvements, le développement se veut immédiat, parcellaire et microcosmique. Ces groupes de jeunes s’investissent pour l’avancement des siens, une sensibilisation profonde de la couche défavorable, des âmes susceptibles et des consciences en perdition. La jeunesse s’active dans les tâches, dans l’entreprise d’un progrès social.

Dans son enseignement, Mame Aladji recommande une posture d’agent de développement dans tous les secteurs de notre environnement social ; une chaine de solidarité s’entretient dans toutes les strates soit par l’entremise de talibés réputés avant-gardistes soit par le truchement des communautés religieuses. Ce désir de s’investir pour la communauté revêt une importance capitale car c’est le début d’un nationalisme qui fait qu’on aime l’autre et son avancement mieux que le nôtre ; le bien de notre terroir mieux que nulle part ailleurs. Ainsi, ce développement, au début parcellaire, grâce aux actions de la jeunesse étale ses tentacules pour finalement devenir une idéologie, une manière de faire et d’agir, un crédo, un quotidien.

Mame Aladji a discipliné sa jeunesse, cette dernière qui de plus en plus œuvre pour « l’unité dans la diversité », l’union des cœurs et des âmes sensibles qui convergent vers le saint homme, Mame aladji.

 

L’éducation et l’enseignement : les socles d’un développement durable chez Mamass

Mame Aladji Mouhamed NDIEGUENE de thiès 14 Aout

       Son sacerdoce a élu demeure dans la primauté à l’éducation. Cet homme de Dieu a prôné en tout temps la droiture et la vertu quel que puisse être notre rang social. La discipline est de rigueur dans son quotidien et, il est à la base d’un modèle sans faille. Aujourd’hui, on estime à coût de milliers de milliards le manque à gagner pour l’Afrique, si l’on estime le facteur temps dans sa mauvaise gestion. Le continent souffre d’un manque de respect des choses les plus élémentaires mais non les moins importantes à savoir l’absentéisme et le retard. Ces facteurs pourtant si néfastes pour le développement ont toujours été combattus par le cheikh en montrant la recette magique. Qu’il s’agît d’évènements heureux ou malheureux, Mame Aladji ne fut jamais attendu, il a toujours été le premier sur les lieux ne minimisant aucun talibé ou aucune cérémonie et avec ponctualité car il estimait que c’est de là que naît le respect pour soi mais aussi pour l’autre. En lui, se mire toutes les qualités d’un modernisme, il disposait d’une acuité temporelle, dormait peu et consacrait parcimonieusement son quotidien au travail, à l’adoration et à l’éducation pratique et substantielle.

       Cette éducation primaire ou de base se prolonge dans ses enseignements, lui le pédagogue multidimensionnel et multigrade. Du matin au soir, chaque classe d’âge recevait son d’apprentissage, des plus petits au plus grands. Il savait créer un pont, une jonction entre le profane et le sacré pour ouvrir à sa jeunesse une polyvalence dans le binaire (d’un ésotérisme mohammadien vers une connaissance lapidaire, en d’autres termes du nocturne au diurne). Nous héritons de lui cet amour du savoir, de la connaissance qui demeure le moteur de développement de toute société. Mame Aladji a forgé sa jeunesse au travail, l’apprentissage de la sagesse active, l’usage bénéfique de notre savoir-faire, notre savoir-être, notre savoir-vivre et notre faire-faire. « Allez chercher le savoir, jusqu’en Chine même… » tels furent les propos du prophète Mohamed, Elhadji Mohamed Ndieguene dans son discours rappelait toujours que la connaissance n’a pas de prix et exhortait sa jeunesse à se nourrir l’esprit et l’âme.

       Aujourd’hui cette vision se concrétise avec sa jeunesse qui milite pour le progrès social, par des gestes concrets, les jeunes s’investissent pour le bien-être de la communauté et s’érigent en défenseur de la bonne pratique spirituelle et de l’application de la gestion vertueuse des affaires de la cité. C’est encore comprendre le lien logique que Mame Aladji a toujours établi entre l’enseignement et le développement. S’informer c’est s’inviter au concert du modernisme, siéger aux instances de décision et marquer de son empreinte son temps.

 

Un modèle… 

       A l’image du prophète Seyyidouna Mouhamed (saw), Mame aladji a théorisé la jeunesse comme la pièce gagnante dans le système mondial actuel. Dans sa vision, il a misé sur l’enseignement et la formation de la couche la plus vulnérable afin de les préparer aux affres de la mondialisation et aussi les sensibiliser pour une prise de position pour un développement durable. Le schéma de base, le socle pyramidal repose sur la hiérarchie familiale, la primauté du pouvoir parental, repaire d’initiation. Il s’en suit une participation active et un enseignement rigoureux qui fait de nous des bâtisseurs indétournables du développement. L’étape ultime demeure une prise en main de notre destin commun, par la solidarité, l’unité et une fierté dans notre état de Noir, de Musulman, de Tidjane et de fervents « Mamassistes ». Ce saint homme émane des sources pures de la sagesse, sa clairvoyance synonyme du paraclet dépasse celle du commun des mortels. 19 ans depuis qu’il nous a quitté, il demeure un modèle pour toute une jeunesse pour réussir le progrès. Éternel est son amour, et puisse-t-il durer pour des siècles et des siècles…Amiine.

par Professeur PAPE MODY SY

Cheikh Elhadji Mouhamed NDIEGUENE le modèle tiré du prophète saw

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